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Cultiver la résilience émotionnelle des enfants en situation de crise

La guerre ne se contente pas de détruire des bâtiments ; elle bouleverse le monde intérieur de l’enfant de manière souvent invisible, mais profondément ressentie. En période de conflit et d’instabilité, aider les enfants à comprendre et à gérer leurs émotions devient une forme de « premiers secours émotionnels », tout aussi essentielle que la nourriture, l’abri et la sécurité physique.

Les enfants, en particulier les plus jeunes, n’ont pas encore le langage ou la conscience émotionnelle nécessaires pour exprimer clairement ce qu’ils vivent. La peur, l’incertitude et le stress se manifestent souvent de manière indirecte : pleurs soudains, repli sur soi, agressivité, attachement excessif, troubles du sommeil ou même silence. Ces comportements ne sont pas de la « mauvaise conduite » au sens traditionnel ; ce sont des signaux. C’est la manière qu’a l’enfant de dire : « Je ne me sens pas en sécurité » ou « Je ne comprends pas ce qui se passe ».

Ce fardeau émotionnel n’est pas passager. Il s’inscrit dans le quotidien. Les sirènes, les bulletins d’information, les déplacements de population ou même l’anxiété des adultes qui les entourent peuvent façonner la manière dont les enfants perçoivent le monde. Sans accompagnement, ces expériences peuvent laisser des cicatrices émotionnelles durables.

C’est pourquoi la création d’un espace émotionnel sécurisant pour les enfants est primordiale. L’objectif n’est pas d’éliminer la peur — ce serait irréaliste — mais d’aider les enfants à la reconnaître, à la nommer et à se sentir soutenus tout en la traversant.

L’une des étapes les plus simples et les plus puissantes consiste à donner un langage aux émotions. Au lieu de minimiser la réaction d’un enfant (« N’aie pas peur » ou « Ce n’est rien »), essayez de nommer ce que vous observez : « On dirait que tu as peur » ou « Ce bruit t’a rendu inquiet ». Cela aide les enfants à relier leur vécu intérieur à des mots, ce qui constitue la première étape vers la régulation émotionnelle.

Tout aussi importante est la validation. Les enfants ont besoin de savoir que leurs sentiments sont légitimes. Dire « Je comprends pourquoi cela t’a fait peur » les rassure sur le fait qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils n’ont pas tort de ressentir ce qu’ils ressentent. Valider une émotion n’augmente pas la peur ; cela réduit le sentiment d’isolement.

La routine peut également servir de point d’ancrage dans les moments d’instabilité. Même de petits rituels quotidiens — des repas à heures régulières, des histoires avant de dormir, des moments de jeu — offrent aux enfants un sentiment de prévisibilité et de contrôle lorsque le monde extérieur semble chaotique. Ces routines communiquent la sécurité sans qu’il soit nécessaire de prononcer un seul mot.

Le jeu est la langue naturelle de l’enfant. À travers le dessin, les récits ou les jeux de rôle, les enfants expriment souvent ce qu’ils ne peuvent pas dire directement. Un enfant qui reproduit un bruit fort avec des jouets ou qui dessine des scènes sombres est peut-être en train d’assimiler des peurs réelles. Plutôt que d’interrompre ce processus, engagez doucement le dialogue : « Peux-tu me parler de ton dessin ? » Cela ouvre une porte sur son monde émotionnel.

Il est également important de montrer l’exemple. Les enfants observent attentivement les adultes. Lorsque les parents ou les éducateurs reconnaissent leurs propres sentiments avec calme — « Moi aussi, je me sens parfois inquiet, mais je suis là avec toi » — ils démontrent que les émotions peuvent être gérées et non craintes. Cette approche permet à l’enfant de comprendre que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais une expérience humaine partagée qui peut être surmontée ensemble.

       Le jeu est la langue naturelle de l’enfant. À travers le dessin, les récits ou les jeux de rôle, les enfants expriment souvent ce qu’ils ne peuvent pas dire directement

 

En fin de compte, il ne nous est pas demandé de prétendre que nous allons bien aujourd’hui. Nous ne vivons pas seulement un moment de peur, mais la résurgence d’une série de situations douloureuses et l’accumulation de nouveaux traumatismes sur des blessures qui n’ont jamais totalement cicatrisé. Cela explique la lourdeur de la scène et l’état psychologique que vivent les adultes comme les enfants, dans les zones de danger direct comme ailleurs.

Enfin, le réconfort doit être à la fois honnête et adapté à l’âge de l’enfant. Évitez de les submerger d’informations excessives, sans pour autant nier la réalité. Concentrez-vous plutôt sur les mesures prises pour assurer leur sécurité et sur les personnes qui sont là pour les protéger et s’occuper d’eux.

Au cœur de l’incertitude, l’un des messages les plus puissants qu’un enfant puisse recevoir est tout simple : « Tu es en sécurité avec moi, et tes sentiments sont importants. »

Rashell is a licensed educational psychologist with extensive experience working with children and adolescents.
She began her career as a part-time counselor, providing psycho-social support to students in various settings, including schools and refugee centers. Her work focused on addressing behavioral issues, academic challenges, and social-emotional development.
Currently, Rashell holds a leadership position as the Director of the IDEAL Program, a specialized program for students with neurodevelopmental disabilities. She also manages learning accommodations at a university and teaches psychology courses.
Throughout her career, Rashell has demonstrated a strong commitment to advocating for individuals with disabilities and promoting inclusivity. Her work has focused on providing support, creating opportunities, and raising awareness about the needs of this population.

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